Combien d'hébergements modulaires peut-on installer sur un site touristique ? C'est l'une des premières questions que se posent les exploitants de camping, de resort ou de domaine qui envisagent d'ajouter des unités comme celles de la Resort Collection Nöma. Il n'existe pas de ratio universel applicable à tous les terrains : le nombre d'unités réellement installables dépend de trois familles de critères qui se combinent, plutôt qu'elles ne s'additionnent simplement : la capacité physique du terrain, la réglementation qui s'y applique, et le modèle économique visé pour l'exploitation.

Comprendre le sujet

La première limite est purement physique. Les modèles de la Resort Collection vont de 25 à 99 m² au sol, et chacun a une emprise propre à laquelle s'ajoutent les distances de sécurité entre hébergements, les voies de circulation nécessaires au transport et à l'installation des modules, ainsi que les éventuels espaces communs du site. Avant de raisonner en nombre d'unités, il faut donc convertir la surface totale du terrain en surface réellement disponible une fois ces contraintes retirées, ce qui dépend fortement de la topographie et de l'accessibilité propres à chaque parcelle. C'est précisément ce qu'une étude de terrain vérifie avant toute fabrication, un point détaillé sur notre page réglementation et installation.

Le nombre d'hébergements influence aussi directement le régime administratif applicable, avec des seuils précis fixés par le Code de l'urbanisme. Pour la création ou l'extension d'un terrain de camping, un permis d'aménager est requis dès que le projet dépasse 20 personnes ou 6 emplacements (article R. 421-19) ; en dessous de ce seuil, une simple déclaration préalable suffit (article R. 421-23). Toute extension qui augmente le nombre d'emplacements de plus de 10 % relève également du permis d'aménager, qu'il s'agisse d'un camping ou d'un parc résidentiel de loisirs.

Approfondir

Un cas particulier mérite d'être connu : l'aire naturelle de camping, un régime allégé réservé aux petits terrains. Selon le Code du tourisme, une aire naturelle ne peut excéder une superficie d'un hectare pour un maximum de 30 emplacements, avec une surface minimale de 300 m² par emplacement, et une période d'exploitation limitée à six mois par an. Ces seuils ne concernent que ce régime précis : un resort hôtelier classé ou un domaine qui ajoute des hébergements sur un site déjà existant relève de règles différentes, à vérifier au cas par cas auprès du service d'urbanisme de la commune concernée. Aucun de ces seuils ne doit être transposé mécaniquement d'un type de site à un autre.

Au-delà de la capacité physique et réglementaire, le nombre d'unités doit répondre à une logique économique propre à l'exploitation visée. Un nombre d'unités plus élevé n'est pas automatiquement plus rentable : chaque hébergement supplémentaire ajoute des coûts d'entretien, de ménage et de gestion des réservations, qui doivent être couverts par un taux d'occupation réellement atteignable sur l'année, pas sur le meilleur mois de la saison, comme nous le détaillons dans notre article sur l'investissement locatif.

Conseils pratiques

Avant de fixer un nombre cible, quatre vérifications permettent de cadrer la décision : mesurer la surface réellement disponible une fois les contraintes d'accès et de circulation retirées ; identifier auprès du service d'urbanisme le régime administratif applicable au terrain concerné (déclaration préalable, permis d'aménager, ou réglementation propre à un établissement déjà classé) ; vérifier les seuils de densité propres à la catégorie de terrain lorsque le projet en relève, l'aire naturelle notamment ; et simuler le modèle économique sur une occupation annuelle réaliste plutôt que sur la meilleure saison.

Ce travail de dimensionnement dépasse ce qu'un simple comparatif de prix par unité peut révéler : c'est un exercice propre à chaque terrain, qui gagne à croiser le regard de l'exploitant, celui des autorités locales compétentes, et celui du fabricant des hébergements. C'est l'objet de l'étude de projet que propose notre offre Hôtellerie de plein air, pensée pour objectiver ces critères plutôt que pour avancer un chiffre a priori.

Regard architectural

Un site touristique n'est jamais une addition de boîtes à poser sur un terrain : chaque unité supplémentaire déplace l'équilibre entre densité, expérience client et rentabilité. C'est en partant de cette tension, plutôt que d'un ratio théorique, qu'un projet d'hébergement modulaire trouve sa juste taille.

À propos de l’auteur
Yannick Akoka Fondateur de Nöma

Yannick Akoka a fondé Nöma avec une conviction simple : une architecture remarquable ne devrait jamais être un privilège. Il supervise la conception de chaque collection et partage ici ce qu’il apprend sur l’architecture modulaire, les matériaux et l’art d’habiter autrement.