Un habitat compact rend-il la vie plus agréable, ou plus difficile ? La question revient souvent, et la réponse honnête tient en une phrase : aucune étude propriétaire NÖMA ne mesure cet effet, et aucune étude scientifique ne tranche de manière universelle la question du lien entre surface du logement et bien-être. Ce que l'on peut faire, en revanche, c'est s'appuyer sur un cadre de référence reconnu pour comprendre ce qui, dans un logement, compte réellement pour la santé et la qualité de vie de ses occupants, qu'il fasse 25 m2 ou 150 m2.

Comprendre le sujet

L'Organisation mondiale de la santé a publié en 2018 des lignes directrices sur le logement et la santé qui font référence au niveau international. Ce document identifie quatre familles de facteurs documentés comme ayant un impact réel sur la santé des occupants : l'insuffisance de l'espace disponible (le surpeuplement), la température intérieure (trop basse ou trop élevée), les risques d'accident dans le logement, et l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. L'OMS indique qu'un logement de meilleure qualité sur ces points peut améliorer la qualité de vie des occupants et réduire certains risques pour la santé.

Ce cadre ne dit pas qu'un petit logement est mauvais, ni qu'il est bon : il déplace la question. Ce qui est documenté, c'est le surpeuplement, c'est-à-dire une surface insuffisante par rapport au nombre d'occupants et à l'usage qui en est fait, pas la surface en valeur absolue. Un habitat compact bien conçu, dimensionné pour l'usage réel de ses occupants, n'est pas la même chose qu'un logement surpeuplé. C'est cette distinction, entre taille et adéquation, qui est utile à connaître avant de se poser la question du bien-être dans un espace réduit.

Approfondir

D'un point de vue de conception, la première variable qui distingue un espace compact agréable à vivre d'un espace compact difficile à vivre est le rangement. Dans un volume réduit, chaque objet laissé visible ou mal rangé occupe une place disproportionnée, à la fois physiquement et visuellement. Un rangement pensé en amont, intégré à la structure plutôt qu'ajouté après coup, limite cet encombrement et conserve une circulation lisible, un point que nous développons également à propos de l'aménagement d'un espace de travail indépendant, où la même logique s'applique au partage d'un petit volume entre plusieurs usages.

La température intérieure, elle, fait partie des quatre facteurs identifiés par l'OMS, et elle dépend directement de la qualité de l'isolation du bâtiment, pas de sa surface. Chez NÖMA, l'isolation fait partie du socle habitable inclus sans supplément sur l'ensemble de la collection Tiny et Maison. Le chauffage et la climatisation suivent en revanche une autre règle : ils sont inclus sur les modèles Span, Pod, Line et Vista ; pour les autres modèles de la gamme Tiny, dont Fold, cette information n'est pas documentée publiquement à ce jour, et la climatisation y est proposée comme option plutôt que comme équipement standard.

Conseils pratiques

La durée et le type d'usage changent également la manière dont un espace compact est vécu. Un bureau indépendant utilisé quelques heures par jour, une résidence secondaire occupée quelques semaines par an et une résidence principale habitée à l'année ne posent pas les mêmes exigences à un même volume : plus l'usage est intense et prolongé, plus l'organisation de l'espace et le rangement comptent. C'est une question d'adéquation entre le projet et l'usage réel, bien plus qu'une question de bien-être en général.

Avant de juger qu'un habitat compact conviendra ou non, il est donc plus utile de vérifier des critères concrets que de chercher une réponse universelle sur le bien-être : la surface est-elle adaptée au nombre d'occupants et à leur usage réel du lieu, le rangement est-il intégré à la conception plutôt qu'ajouté après coup, l'isolation et, selon le modèle, le chauffage ou la climatisation sont-ils documentés pour l'habitat envisagé, et l'orientation du terrain permet-elle un bon apport de lumière naturelle. Ces critères, vérifiables modèle par modèle, donnent une base plus solide qu'une promesse générale de bien-être.

Regard architectural

Chez NÖMA, nous pensons qu'un habitat compact bien conçu n'a pas besoin d'arguments psychologiques pour se justifier : il a besoin d'un rangement pensé depuis le plan, d'une isolation réelle et d'un dimensionnement honnête par rapport à l'usage prévu. Le bien-être, s'il vient, vient de cette adéquation, pas de la taille en elle-même.

À propos de l’auteur
Yannick Akoka Fondateur de Nöma

Yannick Akoka a fondé Nöma avec une conviction simple : une architecture remarquable ne devrait jamais être un privilège. Il supervise la conception de chaque collection et partage ici ce qu’il apprend sur l’architecture modulaire, les matériaux et l’art d’habiter autrement.